Pleins feux sur les régions : Nunavut
PLEINS FEUX SUR LES RÉGIONS : NUNAVUT
Le Nunavut, le territoire le plus récent et le plus septentrional du Canada, est une terre de grands espaces, de résilience et de possibilités. Couvrant un cinquième de la superficie du pays, ses paysages arctiques s’étendent sur deux millions de kilomètres carrés. L’économie du territoire trouve ses racines dans les activités traditionnelles de récolte et les services publics, mais elle se diversifie rapidement. L’exploitation minière reste un pilier essentiel, avec l’or et le minerai de fer en tête du développement, tandis que des secteurs émergents comme les énergies propres, le tourisme et les économies de conservation gagnent du terrain.
En dépit de sa grande superficie, le Nunavut ne compte qu’un peu plus de 41 000 habitants répartis dans 25 communautés aux liens serrés. Avec un âge médian de seulement 27,1 ans, soit le moins élevé au Canada, la population du Nunavut représente une main-d’œuvre grandissante et une génération en voie de façonner l’avenir du Nord. Le produit intérieur brut du Nunavut a dépassé 4 milliards $, ce qui reflète une croissance régulière et une augmentation des investissements dans les infrastructures, les énergies renouvelables et la connectivité numérique. Ces tendances témoignent d’une économie en pleine maturation, offrant des possibilités d’innovation et de partenariats stratégiques.
Pour les investisseurs, le Nunavut offre une proposition unique : une juridiction dotée d’une gouvernance autochtone forte, de structures réglementaires claires et d’un engagement en faveur du développement durable. La population majoritairement inuite du territoire, qui représente 85 % des résidents, veille à ce que cet investissement respecte les valeurs communautaires, dont l’intendance des terres, la préservation du patrimoine culturel et la croissance inclusive. Grâce à des réseaux de transport en pleine expansion, à des corridors de transport d’énergie propre et à une économie de conservation en pleine croissance, le Nunavut jette les bases d’investissements responsables et d’une prospérité à long terme.
Une vue panoramique d’Iqaluit, capitale du Nunavut et centre administratif, culturel et d’innovation nordique. Son paysage reflète le caractère brut et vaste de l’Arctique, où terre, ciel et communauté ne font qu’un.
Attraction traction de l’investissement direct étranger (IDE)
Le Nunavut attire l’attention des investisseurs mondiaux pour les raisons suivantes :
- sa richesse naturelle qui s’étend sur terre et mer, offrant de vastes réserves minérales et d’abondantes ressources marines;
- son emplacement stratégique dans l’Arctique, offrant un accès au passage du Nord-Ouest et aux marchés européens;
- de solides partenariats autochtones, avec des entreprises dirigées par des Inuits et des économies de conservation qui stimulent une croissance inclusive; et
- des investissements fédéraux dans les infrastructures, notamment un engagement récent à hauteur d’un milliard de dollars dans les infrastructures du commerce et du transport dans le Nord, qui comprend des projets comme le port en eau profonde de Qikiqtarjuaq et la liaison hydroélectrique et de fibre optique au Kivalliq.
Infrastructure et commerce : bâtir le fondement économique du Nunavut
Le paysage infrastructurel du Nunavut évolue rapidement grâce à des investissements stratégiques visant à améliorer la connectivité, à soutenir la diversification économique et à libérer le potentiel commercial. L’un des développements les plus importants est le projet de port en eau profonde de Qikiqtarjuaq, dont le coût total est estimé à plus de 200 millions $ et qui comprend un investissement fédéral de 40 millions $ provenant du Fonds national des corridors commerciaux. Une fois achevé, le port servira de point d’accès essentiel pour le transport maritime et l’exploitation des ressources, tout en favorisant l’emploi local, la sécurité alimentaire et la pêche hauturière au Nunavut.
Un autre projet transformateur est le projet routier et portuaire de Grays Bay, qui relierait pour la première fois le Nunavut au réseau routier national. Ce projet de route toutes saisons et de port en eau profonde relierait les régions riches en minerais de l’Ouest du Nunavut aux marchés du Sud du territoire, réduisant ainsi les coûts de transport et permettant un accès tout au long de l’année. Ce projet est une initiative conjointe de l’Association inuite de Kitikmeot et du gouvernement du Nunavut. Il représente une étape importante vers l’intégration du Nunavut au réseau commercial et logistique plus large du Canada.
Les engagements fédéraux récents soulignent cette dynamique. En novembre 2025, le gouvernement du Canada a annoncé un investissement d’un milliard de dollars pour renforcer l’infrastructure du commerce et du transport dans le Nord. Ce financement permettra d’accélérer la mise en œuvre de projets visant à améliorer les chaînes d’approvisionnement dans l’Arctique, à faciliter l’accès des communautés et à positionner le Nunavut comme plaque tournante stratégique pour les marchés mondiaux.
L’énergie propre et la connectivité numérique se profilent également à l’horizon grâce au projet de liaison hydroélectrique et de fibre optique au Kivalliq, un projet de corridor qui permettrait d’acheminer de l’énergie hydroélectrique renouvelable et d’offrir un accès à large bande à haute vitesse du Manitoba au Nunavut. Menée par l’Association inuite de Kivalliq, cette initiative devrait permettre de réduire la dépendance au diesel, de diminuer les émissions et de soutenir la croissance économique grâce à l’amélioration des infrastructures de communication. Par ailleurs, le transport aérien demeure l’une des principales industries du Nunavut, les vols réguliers étant vitaux au commerce, au tourisme et aux services essentiels. La dépendance du territoire à l’égard du transport aérien démontre l’importance de poursuivre les investissements dans les infrastructures aéroportuaires et les transporteurs aériens régionaux.
Carte du Nunavut montrant ses trois régions — Qikiqtaaluk (Baffin), Kivalliq (Keewatin) et Kitikmeot (Arctique central) — ainsi que les principales collectivités et les eaux arctiques environnantes.
Secteurs stratégiques stimulant la préparation à l’investissement du Nunavut
- Exploitation minière : les riches gisements d’or, de diamants, de minerai de fer et d’autres minéraux essentiels du Nunavut font de l’exploitation minière le principal moteur économique du territoire, générant des revenus importants pour les entreprises privées et, de plus en plus, pour le gouvernement territorial grâce aux redevances et aux impôts.
- Pêche : la pêche hauturière émergente est en pleine croissance avec une hausse des exportations de flétan noir, de crevettes et d’omble chevalier, qui est possible grâce à de nouvelles infrastructures de transformation locales.
- Tourisme : l’écotourisme et le tourisme culturel sont en pleine expansion, soutenus par des exploitants inuits.
- Arts et culture : l’art, les sculptures et l’artisanat inuits, reconnus mondialement, contribuent aux exportations et à la préservation culturelle.
Attirer les IDE : ouvrir la voie à des partenariats mondiaux
Étude de cas : Mines Agnico Eagle
Mines Agnico Eagle, une multinationale canadienne, exploite d’importants projets aurifères au Nunavut, notamment le complexe minier Meadowbank (avec la mine Amaruq), la mine Meliadine et la propriété Hope Bay, activement en cours d’exploration à l’heure actuelle. Les partenariats conclus par Agnico Eagle avec des organisations inuites soutiennent la formation, l’emploi et le logement, tandis que ses investissements dans les infrastructures, telles que les routes de transport et les installations de traitement, témoignent du type d’engagement à long terme caractéristique des IDE. La présence de cette entreprise montre également aux investisseurs internationaux que le Nunavut est un endroit propice au développement à grande échelle des ressources naturelles.
Étude de cas : économie de conservation bleue des Inuits
L’aire marine nationale de conservation (AMNC) de Tallurutiup Imanga est une initiative historique qui allie intendance environnementale et développement économique. Bien qu’elle soit principalement financée par des sources publiques canadiennes, cette AMNC a attiré l’attention de la communauté internationale et a bénéficié d’un soutien philanthropique, en particulier pour son approche novatrice en matière de création d’emplois axés sur la conservation. Grâce à des ententes sur la gouvernance et les avantages conclues par des Inuits, l’AMNC soutient l’emploi dans les domaines de l’intendance, du tourisme et de la sécurité alimentaire. Ces efforts renforcent les capacités locales et démontrent que le Nunavut peut soutenir des modèles d’investissement durables et axés sur la communauté, ce qui constitue une perspective attrayante pour les investisseurs étrangers à la recherche de débouchés éthiques et percutants.
Ouvrir la voie aux IDE
Ces investissements, qu’ils soient dans le secteur minier ou dans celui de la conservation, contribuent à mettre en place les infrastructures, la main-d’œuvre et les cadres de gouvernance qui rendent le Nunavut plus attrayant pour les capitaux étrangers. En démontrant la réussite de partenariats avec les organisations inuites et en apportant des avantages concrets aux communautés, ils réduisent les risques perçus et renforcent la confiance des investisseurs. Alors que le Nunavut continue de diversifier son économie et de renforcer ses institutions, le territoire est bien placé pour attirer les IDE dans des secteurs comme les énergies propres, le tourisme et le développement avancé des ressources.
Pleins feux sur les partenaires
Les sociétés de développement économique inuites (lien disponible en anglais seulement) occupent un rôle central dans la transformation économique du Nunavut. Les entités appartenant à des Inuits, comme Sakku Investments Corporation, Qikiqtaaluk Corporation et l’Association inuite du Kitikmeot jouent un rôle de premier plan dans les coentreprises, le développement des infrastructures et l’économie de conservation émergente. Leurs investissements couvrent des secteurs allant de l’exploitation minière au tourisme, souvent en partenariat avec des acteurs des secteurs public et privé. Ces entités sont également des éléments clés de l’économie de conservation bleue des Inuits, qui intègre les connaissances traditionnelles aux outils économiques modernes afin de créer des emplois dans les domaines de l’intendance, de la sécurité alimentaire et du tourisme durable.
L’Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor) est un partenaire fédéral essentiel au soutien de la croissance économique menée par les Autochtones dans le Nord. En 2024 seulement, CanNor a investi plus de 1,4 million $ dans 10 projets dirigés par des Autochtones au Nunavut et dans d’autres territoires. Ces projets comprenaient entre autres la modernisation des infrastructures, l’adoption du numérique, la formation dans les métiers et le soutien aux industries créatives comme la cinématographie. Grâce à des programmes comme Inclusion diversifiée et évolution économique dans le Nord et le Programme de possibilités économiques pour les Autochtones du Nord, CanNor aide les entreprises autochtones à s’épanouir, à se moderniser et à se diversifier, jetant ainsi les bases d’une prospérité à long terme et d’une résilience communautaire.
L’Institut pour l’IntélliProspérité, un groupe de réflexion politique établi à l’Université d’Ottawa, contribue à façonner l’avenir du développement durable au Nunavut. Ses recherches sur les économies de conservation dirigées par des Inuits soulignent comment les investissements dans les aires marines protégées et les systèmes alimentaires ruraux peuvent générer des retombées économiques tout en préservant la culture et les écosystèmes. Par exemple, l’économie alimentaire locale autour de l’AMNC de Tallurutiup Imanga est évaluée à 33 millions $ par an, et les programmes des gardiens inuits ont généré environ 27 millions $ en revenus. Ces modèles constituent un argument convaincant en faveur de l’intensification du développement axé sur la conservation à l’échelle du territoire.
Logo du Nunavut, qui comporte du texte en quatre langues, soit le syllabaire inuktitut, l’inuktitut (alphabet latin), l’anglais et le français, reflétant ainsi l’engagement du territoire en faveur de l’inclusion linguistique et culturelle.
« Le Nunavut offre des possibilités à l’échelle de l’Arctique, où le leadership autochtone et les priorités communautaires façonnent des investissements durables. Chez Investir au Canada, nous nous engageons à aider les entreprises internationales à tisser des liens avec les partenaires locaux afin de favoriser une croissance durable et inclusive dans le Nord. »
— Laurel Broten, PDG d’Investir au Canada