L’avantage du Canada en matière d’intelligence artificielle : un écosystème propulsé par le talent et l’innovation

Karicia Quiroz, directrice de recherche et Anam Elahi, analyste commerciale, Investir au Canada

Woman Coding on Computer

Nous sommes exposés à l’intelligence artificielle (IA) au quotidien, qu’il s'agisse des recommandations de films que nous fait Netflix, de nos recherches personnalisées parce que Google « sait » ce que nous recherchons, ou encore de trouver des solutions à la pandémie de COVID-19. Des entreprises utilisent aussi l’IA pour être plus efficaces et productives et pour résoudre des problèmes au moyen de solutions novatrices issues de sous-domaines de l’IA comme l’apprentissage automatique, l’apprentissage profond et le traitement du langage naturel. L’IA transforme notre façon de vivre et de travailler, et les pays devront vite s’y adapter et favoriser son expansion, car l’IA évolue rapidement et a des répercussions sur les entreprises, les secteurs d’activité et les sociétés du monde entier.   

Chef de file mondial de l’IA, le Canada est reconnu pour la qualité de ses recherches, son bassin de talents qualifiés et son apport à l’innovation en IA. Pour conserver ce rôle dans un écosystème en évolution constante, le pays doit continuer de miser sur ses forces actuelles et de créer les conditions qui permettront aux entreprises d’IA de croître sans difficulté et qui inciteront les entreprises mondiales à investir en IA. 

La place du Canada dans l’écosystème mondial de l’IA

À l’échelle mondiale, le Canada est reconnu pour son environnement commercial compétitif dans le domaine de l’IA, un environnement où les entreprises peuvent prospérer et être concurrentielles. Dans un environnement opérationnel solide, un écosystème d’innovation et un contexte favorable aux investissements, les entreprises d’IA disposent du soutien, des outils et des ressources dont elles ont besoin pour connaître du succès au Canada. Il n’y a rien d’étonnant à ce que le Canada se classe au quatrième rang (sur les 54 pays visés par l’étude) de la liste Global AI Index pour sa compétitivité mondiale, son innovation et ses investissements en IA.    

Évoluant dans un environnement commercial compétitif sur l’échiquier mondial, le secteur de l’IA au Canada est soutenu par des innovations continues. Il innove à un rythme plus rapide que d’autres ailleurs dans le monde, ce qui favorise encore davantage les avancées technologiques et crée des occasions futures pour les nouvelles entreprises d’IA. D’ailleurs, entre 2015 et 2018, le Canada a enregistré plus de brevets en IA par habitant que les autres pays du G7 et que la Chine, ce qui montre la contribution relativement supérieure du pays aux innovations en IA. De nombreuses recherches dans les universités canadiennes viennent appuyer ces innovations continues. En fait, le Canada est un pôle de recherche en IA de renommée mondiale et figure parmi les cinq premiers pays au monde à ce chapitre. Son rôle de chef de file est en outre soutenu par la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle et par sa proposition de valeur en matière de talents. 

Quoi de neuf dans le domaine de l’IA au Canada 

En 2017, le Canada est devenu le premier pays au monde à mettre en place une stratégie nationale en matière d’IA, à savoir la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle. Le gouvernement fédéral a alors octroyé 125 M$ sur cinq ans pour favoriser la recherche et l’innovation en IA, constituer un bassin de talents hautement qualifiés et offrir un leadership éclairé. La Stratégie a contribué à faire du Canada un pionnier et l’un des acteurs principaux dans l’écosystème mondial de l’IA. Dans le cadre de cette stratégie, élaborée par un organisme mondial de recherche, CIFAR, des fonds ont été alloués à trois des principaux instituts de recherche en IA au Canada, soit Amii à Edmonton en Alberta, Mila à Montréal au Québec et le Vector Institute à Toronto en Ontario (chacun étant situé dans une ville qui est un important centre de recherche et un carrefour pour les jeunes entreprises en IA au pays), ainsi qu’à 80 chaires du CIFAR. L’objectif est de recruter, puis de maintenir en poste les meilleurs chercheurs en IA au monde et de leur offrir du financement à long terme pour soutenir leurs programmes de recherche et les aider à former la prochaine génération de chefs de file de l’IA au Canada.  

De plus, l’Initiative des supergrappes d’innovation du gouvernement fédéral prévoit que 16 G$ seront injectés dans l’économie canadienne et que plus de 16 000 emplois seront créés sur 10 ans. Une supergrappe se compose d’entreprises canadiennes et internationales dont l’objectif est d’accélérer l’intégration de l’IA dans divers secteurs. Les membres de la supergrappe se caractérisent par leurs innovations, leurs nouveautés technologiques, leur compétitivité et leur potentiel de marché.   

Le Canada compte sur une forte proposition de valeur en matière de talents pour appuyer l’accroissement de la main-d’œuvre en IA. En effet, le pays possède la main-d'œuvre la plus instruite au monde pour ce qui est du niveau de formation des adultes. Quatre villes canadiennes—Toronto, Vancouver, Ottawa et Montréal—figurent parmi les 20 premières villes en Amérique du Nord relativement à la disponibilité, à la concentration et à la rémunération des talents en technologie. Ce n'est donc pas étonnant que ce soit à Toronto que l’on retrouve la concentration la plus élevée au monde d’entreprises en démarrage dans le domaine de l’IA et que Montréal regroupe le plus grand nombre de chercheurs universitaires en apprentissage profond. Dans ces villes et ailleurs au Canada, les entreprises ont accès aux experts dont ils ont besoin pour établir, faire croître et mettre en marché leurs technologies fondées sur l’IA. 

Des occasions qui émergent

Le leadership du Canada, la renommée de ses recherches dans le monde et l’appui du gouvernement expliquent le succès actuel des entreprises d’IA au pays et l’innovation dont elles font preuve, en particulier durant la pandémie de COVID-19. Celle-ci a de nouveau braqué les projecteurs sur l’importance de renforcer le système de santé et l’économie du Canada. La réponse et l’intervention rapides du Canada pour contrer la propagation de la COVID-19 ont démontré que les entreprises d’IA au Canada et que les talents en technologie étaient de puissants outils pour surmonter des défis complexes.  

À titre d'exemple, BlueDot, une jeune pousse de Toronto qui utilise l’IA, l'apprentissage automatique et les mégadonnées, a pu suivre et prédire l’éclosion d’une pneumonie atypique à Wuhan, en Chine, en décembre 2019, soit avant que la COVID-19 devienne une pandémie. BlueDot avait alors informé le gouvernement et le secteur privé canadiens de la propagation de la maladie, les alertant du même coup sur l’urgence d’intervenir. Un autre chef de file mondial de l’IA, Korbit Technologies (Montréal), figure parmi les 100 entreprises en démarrage les plus prometteuses du classement de CB Insights. Elle a créé un outil d’apprentissage personnalisé fondé sur l’IA qui aide les étudiants à apprendre plus rapidement et mieux dans un contexte qui les oblige à étudier à distance. Le secteur canadien de l’IA a et continuera d'avoir une incidence positive sur la société, ici et ailleurs, soutenue par l’important réseau d’entreprises privées et d’organismes gouvernementaux du pays, son bassin de talents, la qualité de la recherche et l’innovation, autant de catalyseurs d’investissements mondiaux futurs.  

Ce que les entreprises mondiales pensent de l’écosystème de l’IA au Canada

Dans le cadre d’une étude sur l’IA menée cette année par le CTIC, on a demandé à 20 experts du domaine travaillant dans des entreprises mondiales dans plus de huit pays ce qu’ils pensaient de l’écosystème de l’IA au Canada et de ce dernier comme destination possible pour les investisseurs mondiaux.   

La plupart des répondants (95 %) étaient au fait des progrès du pays en IA, et près de la moitié connaissaient l’Initiative des supergrappes d’innovation. Voilà qui illustre bien que les efforts du Canada en IA sont reconnus à l’échelle mondiale. Les experts interrogés connaissaient les pôles de l’IA que sont Toronto, Montréal, Edmonton, Vancouver et Ottawa, ce qui montre que ces villes se démarquent par leur écosystème bien établi, leur vaste bassin de talents, leurs établissements d’enseignement et les progrès de la recherche qui y est faite en IA.   

Les répondants ont également parlé de Yoshua Bengio et de Geoffrey Hinton, leaders éclairés dans l’écosystème canadien de l’IA, comme étant des figures de proue pour promouvoir la présence et l’influence du Canada dans le domaine de l’IA à l’échelle internationale. De plus, ils ont dit que le système d’immigration avantageux et l’effectif hautement qualifié du Canada constituaient des atouts majeurs pour les investisseurs qui souhaitent croître et étendre leurs activités. En ce qui concerne les obstacles, seulement deux tiers des répondants ont parlé du flou entourant la réglementation sur l’IA, la forte concurrence pour recruter les talents et l’absence de réussites d’expansion. 

Investir dans le domaine de l’IA au Canada

Jusqu’à maintenant, l’IA a grandement contribué à l’économie du Canada et a suscité l’intérêt d’investisseurs. En 2019, des entreprises d’IA canadiennes ont conclu 57 ententes de capital de risque ayant mené à des investissements de 658 M$ US, une augmentation de près de 50 % par rapport à 2018.  

L’écosystème canadien est composé de plus de 800 entreprises en IA et de 670 jeunes pousses en IA. C’est en Ontario qu’on trouve le plus grand nombre (361) d’entreprises exclusivement consacrées à l’IA. Viennent ensuite le Québec (131), la Colombie-Britannique (103) et l’Alberta (49). Nombre de sociétés internationales et de géants technologiques ont choisi d’établir de nouveaux laboratoires de recherche en IA, notamment les suivantes : 

  • Ericsson (Suède) : En mai 2019, Ericsson a choisi d’installer son nouveau centre d’innovation (Global Artificial Intelligence Accelerator) à Montréal (Québec). Les travaux de R et D novateurs portent sur l’IA et l’automatisation de pointe. 
  • Facebook (États-Unis) : En septembre 2018, Facebook a annoncé l’agrandissement de son laboratoire d’IA de Montréal, doublant ainsi le nombre de chercheurs. La société comptait profiter de la communauté universitaire de la ville, de l’écosystème d’entreprises en démarrage et des prometteuses politiques gouvernementales pour favoriser la recherche en IA. 
  • Fujitsu (Japon) : En novembre 2018, Fujitsu a fondé une nouvelle filiale à Vancouver (Colombie-Britannique), la Fujitsu Intelligence Technology, dans le but d’engager des talents locaux pour développer des produits et des services d’IA. 
  • Google DeepMind (États-Unis) : En juillet 2017, DeepMind a annoncé l’établissement de son premier bureau de recherche à l’étranger, soit à Edmonton (Alberta), en partenariat avec l’Université de l’Alberta. 
  • HSBC (Royaume-Uni) : En mai 2019, HSBC (Royaume-Uni) a ouvert à Toronto (Ontario) un laboratoire d’innovation et de données mondial, son objectif étant d’employer plus de 50 personnes dans le domaine de l’IA. 
  • Microsoft Research (États-Unis) : En juin 2019, Microsoft s'est associée au Waterloo Artificial Intelligence Institute (Waterloo.ai) de l’Université de Waterloo pour étendre ses capacités de recherche. 
  • Samsung (Corée du Sud) : En 2018, Samsung a annoncé l’ouverture d’un centre de recherche à Toronto (Ontario) destiné au développement de technologies fondées sur l’IA. 
  • Uber (États-Unis) : En 2018, Uber a annoncé un investissement de 200 M$ dans un nouveau centre d'ingénierie à Toronto (Ontario) pour profiter de l’incroyable bassin de talents de la ville. 
  • Zesty.ai (États-Unis) : En février 2020, Zesty.ai a annoncé l’ouverture d’un centre d’IA à Montréal (Québec). Ce nouveau laboratoire se consacrera à la R et D de technologies fondées sur l’IA destinées au secteur de l’assurance.  

L’avenir de l’IA au Canada

Étant donné la nature évolutive du secteur de la technologie et l’arrivée de nouveaux joueurs et investisseurs novateurs, le Canada devra demeurer agile pour conserver sa position de pionnier dans le domaine de l’IA. Le pays compte sur un mélange unique d’investisseurs publics, de capitaux privés, de capacité de recherche et de talents en technologie qui favorise la réussite et la croissance de son écosystème d’IA, mais d’autres pays se sont aussi engagés à renforcer leur secteur de l’IA

Par conséquent, il importe que le Canada continue de développer et de maintenir un écosystème d’IA de calibre mondial, de façon que ses chercheurs, ses talents en technologie et ses entreprises d’IA novatrices puissent tirer profit de la position qu’ils occupent et qu’ils conservent leur rôle de chef de file dans un monde axé sur l’IA. Pour demeurer compétitifs, les joueurs locaux et internationaux au Canada devront s’unir pour accroître leur capacité de recherche, ainsi que développer et utiliser l’IA de manière responsable. C’est un mandat qui présente une incroyable occasion pour les investisseurs. 

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